J’existe, comme on attend un taxi : avec une légère angoisse et l’espoir d’une destination magique temporaire ou permanente, de préférence dans cet ordre.
Je partage mes journées entre les céréales colorées et mes tentatives ratées de comprendre la gravité des choses et celle qui me fait tomber dans les escaliers. J’ai connu l’amour, le tapioca, et un culturiste nommé Édouard: les trois m’ont fait pleurer, mais seul le dernier m’a prescrit des amphétamines et des conseils de vie.
Je me suis levée un matin avec la gueule de bois et une philosophie de vie aussi bancale que mon étagère IKEA. J’ai adopté une attitude, un silencieux lézard, et deux théories du complot. Ils cohabitent paisiblement sur mon balcon, avec les feuilles mortes et ma dignité qui s’évapore.
Je conjugue l’avoir au passé, les aiguilles de l’horloge au présent, et mes peurs à l’infini. Parfois, je marche sans destination précise, je cherche un banc pour user mes fesses et ma foi en l’humanité.
L’existence, c’est ce cocktail douteux d’instants volés, de pensées qui m’échappent, et de rêves à moitié crus. J’y ajoute parfois une cerise — pour l’absurde, pas pour le goût.
Alors j’attends. Quelque chose, quelqu’un, ou au moins un signe. Même un pigeon poétique ferait l’affaire. Mais pour l’instant, j’existe. Et c’est déjà pas mal. Enfin, je crois.
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© Kym Brennan, avril 2025
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