Avant que l’ombre s’effiloche, une âme en sablier inverse les rêves à fréquences cassées.
Tout glisse et tisse en diagonale une sorte de danse erratique qui frappe le temps à contresens, pendant qu’un thé chauffe dans une bouilloire pleine d’espoirs chuchotés.
En aparté, un cœur cabossé conspire contre des moulins à vent faits de dettes émotionnelles. Ils tournent au ralenti, pareils à de vieux jongleurs d’un cirque qui ne voyage plus. Un jour, promis, des papillons seront lancés en guise de révolution.
En pleine révolte, un passé oublié ploie sans assumer ses pas sur les ruines inachevées de l’avenir. Il y fait des claquettes sur des souvenirs jamais nés, murmure des chansons jamais composées, mais qu’on fredonne parfois, dans un autobus, un mardi d’orage.
Sous la pluie inavouable des choses perdues, quand la peau cherche un lieu où poser la tendresse égarée du monde, des bras se tendent à l’univers comme à une ballerine dans une boîte à musique. Silencieuse, elle ne répond pas. Mais peut-être écoute-t-elle, parfois.
Lorsque le silence s’attarde un peu trop et que la brume enlace tout, un regard voilé caresse du bout de ses cils effarouchés la beauté ébréchée de ce qui survit.
Une histoire drôle qui fait pleurer.
Un sourire laissé sur un banc public.
Un mot doux glissé dans un livre jamais lu.
Et là, à cœur ouvert, la lune insomniaque avale les dernières miettes d’aurore.
Elle improvise une berceuse que seuls les arbres éveillés comprennent, pendant que les étoiles jouent à la marelle entre les fils du temps.
Et au centre de tout cela, une silhouette reste là.
Mirifique comme un vieux poème.
Sortie des boules à mites.
Éclaboussée de vie.
🌱
© Kym Brennan, mai 2025
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