Celui qui refuse l’uniforme même lorsqu’il est cousu dans l’amour des autres.
Celle qui sent la cage avant même d’en voir les barreaux et qui s’écorche les mains à vouloir ouvrir le ciel.
Ceux qui remontent la rivière pendant que le troupeau apprend à marcher dans le même lit.
Celles qui ouvrent une fenêtre lorsque l’air commence à manquer.
Celle qui refuse de plier les épaules pour passer sous les portes trop basses.
Ceux qui poussent de travers dans les jardins où tout est taillé au cordeau.
Celles qui portent des manteaux gris jusqu’au jour où le vent les ouvre.
Celui qui protège sa différence comme on protège une braise sous la pluie.
Celle qui garde un oiseau vivant sous sa cage thoracique.
Ceux qui rentrent chaque soir, les poches pleines d’horizon et les chaussures couvertes de poussière.
Celles qui cachent leurs couleurs jusqu’au matin où la tempête lave enfin les vieux tons effacés.
Celui qui préfère marcher seul plutôt que déguisé.
Ceux qui décousent les étiquettes avant même d’essayer le vêtement.
Celles qui déchirent les modes d’emploi avant d’apprendre à courir.
Celui qui laisse ses cicatrices ouvertes pour que la lumière sache où entrer.
Celles qui gardent une graine dans chaque blessure.
Ceux qui apprennent aux loups à ne plus avoir honte de leurs dents.
Celles qui laissent les clôtures aux jardins et jamais aux êtres vivants.
Celui qui entend déjà les montagnes bouger sous le silence.
Celles qui avancent avec un feu minuscule dans les paumes.
Ceux qui tombent.
Celles qui tremblent.
Ceux qui doutent.
Ceux qui refusent.
Celles qui recommencent.
Celles qui disent non jusqu’à ce que le monde se fissure.
Celle qui marche désormais aux côtés d’Athéna, le front haut et le cœur immense.
Ceux-là sont les gardiens du feu singulier, les derniers êtres sauvages d’un monde obsédé par le même.
Et ceux-là savent qu’il n’existe aucune victoire plus grande que celle de demeurer entier, libre et magnifiquement irréductible.
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© Kym Brennan, juillet 2026
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